La petite douve

Mis à jour : il y a 3 jours

Alors que la grande douve est un agent parasitaire bien connu dans nos régions et qui est régulièrement traité par les éleveurs du fait de son extrême pouvoir pathogène, la petite douve est beaucoup moins connue et surtout beaucoup suspectée d'autant plus que son action est moins agressive.


C'est une helminthose provoquée par la migration des formes immatures dans le parenchyme hépatique et la présence des adultes dans les voies biliaires d'un trématode Dicrocoelium lanceolatum.

Les ovins sont très sensibles à ce parasitisme. Les pâturages secs favorisent cette affection qui dépend d'un cycle évolutif avec deux hôtes intermédiaires ; un escargot (hélicidés) à une fourmi qui héberge les métacercaires et qui sera absorbée par les ruminants au pâturage. Ces fourmis passent la nuit sur les brins d'herbe et redescendent le matin, ce qui a pour conséquence une contamination plus importante le matin. Escargot et fourmi = sols un peu humides et secs sans plus.


LES SYMPTÔMES

Les symptômes sont peu visibles au début car contrairement à la grande douve la petite douve n'est pas hématophage et ne se nourrit que de bile. Par contre, la migration des formes jeunes dans le foie lèse le parenchyme et entraîne des lésions hépatiques qui peuvent avoir pour conséquence des morts brutales par hépatite nécrosante ou par hépatotoxémie. On constate la plupart du temps un mauvais état des animaux avec des troubles de reproduction par fatigue et des lactations de mauvaise qualité. Le diagnostic est surtout posé par l'autopsie et par la coproscopie, qu'il est conseillé de faire en cas de doute.

L'augmentation de fréquence de ce parasitisme, contrairement à la grande douve, est due à son biotope qui correspond aux prairies actuelles, alors que les zones humides nécessaires à la grande douve disparaissent du fait de l'entretien des champs. De plus, autrefois ce parasite était traité de façon inconsciente lors de l'utilisation des produits associés contenant du bithionol. Depuis l'interdiction de cette molécule le parasite a pu se développer, favorisé aussi par l'environnement.


TRAITEMENTS

Le traitement fait appel à des produits peu nombreux et dont l'utilisation doit être contrôlée car pour certains les doses conseillées peuvent fatiguer les animaux affaiblis, sinon plus. Aussi, il est judicieux de bien suivre les recommandations du laboratoire tant pour les doses que pour les contre-indications de traitement. La meilleure période de traitement se situe à l'automne/début hiver, mais en cas de parasitisme important un traitement au printemps n'est pas inutile. De toute façon, les produits utilisés ont une activité plus au moins polyvalente ce qui permet de mieux rentabiliser le traitement.


Ecrit par C. PIPET, Docteur vétérinaire à Confolens (16)

Article tiré du Bulletin de l'Alliance Pastorale b1.770 du 14 Septembre 2007

www.alliance-elevage.com/informations/magazine-bulletin-de-l-alliance

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