Les soins au cria

Mis à jour : il y a 3 jours


Le cria est arrivé au monde. Je le suspends immédiatement la tête en bas pour qu’il puisse recracher les glaires, qu’il aurait pu avoir et pouvant gêner la respiration. Je lui enlève les restes de la membrane épidermique autour du nez et de la bouche pour lui permettre une bonne respiration qui normale est de 10-30 pulsations par minute. Je le couche sur le côté pour désinfecter le cordon avec de la teinture d’iode. Si, une petite hémorragie se produit, il faudra mettre une petite pince sur le cordon. Ensuite, il est isolé dans un boxe avec sa mère pour que le lien s’installe, si elle est inquiète une de ses congénères sera la bienvenue. Il sera sous surveillance durant trois jours, en alternance dans le pré et au boxe la nuit, il faudra prendre toutes les précautions nécessaires pour que le cria soit en sécurité. La mère aura une ration d’orge aplatie, de granulés suivant votre nourriture habituelle pour la récompenser et pour pouvoir continuer les soins sur le petit sans la stresser. Je pèse le petit pendant quelques jours pour observer sa courbe de croissance. De cette manière, il sera possible de juger si le cria ne s’alimente pas ou insuffisamment. L’alpaga ne sort pas la langue donc ne lèche pas le nouveau-né. Lorsqu’il fait froid, je vais le frotter délicatement avec une serviette, le sécher avec un sèche-cheveux en évitant de venir trop près de la peau, une fois bien sec et seulement si les températures sont basses, il aura une petite couverture.

Je vais nettoyer la mamelle avec de l’eau tiède et enlever la petite cire au bout des trayons les déboucher et m’assurer que le petit trouve rapidement les tétines. Le cria a absolument besoin de colostrum qui doit être pris dans les premières heures de sa vie pour disposer des anticorps (immunoglobulines) qui vont le protéger contre des agressions virales ou microbiennes. Ensuite, les anticorps ne pourront plus franchir la paroi intestinale du petit. Un cria qui ne tète pas, va vite perdre de l’énergie. J’ai toujours un biberon avec une tétine adaptée à nos camélidés en réserve et du colostrum au congélateur (le colostrum de chèvre convient aussi) ou en poudre pour pouvoir palier à tous problèmes. Mais, dans un premier temps, je vais privilégier le lait maternel qui est préférable à tout autre. Si ma femelle refuse le petit, qu’il n’arrive pas à téter ou si j’ai le moindre doute, je vais administrer au cria toutes les 2 heures après la naissance 50ml de colostrum soit 10% de son poids qui varie entre 5 et 11 kg. Au bout de 24h, le cria aura la force pour téter tout seul. Il faudra toujours doser vos gestes trouver un équilibre pour qu’il se débrouille le plus rapidement afin de ne pas rompre le lien entre eux. Il est important de vérifier l’état des mamelles de votre femelle.

Catherine Bochaton

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